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LAISSE POUR COMPTE
Aux pieds du caniveau prostré dans son silence
Il est là, quémandant avec sa main tendue
Quelques sous pour s’offrir dans la soirée venue
Un beau morceau de pain pour s’assurer pitance.
Il reste là, muet, il marque sa présence
Par le sordide cri de son ventre tordu
Tenaillé par la faim qui réclame son du
A ces passants pressés, repus de leur aisance.
Pauvre homme délaissé sur ces rivages noirs
Il n’aura plus le droit de vivre d’avantage.
La valeur du profit dans sa course sauvage
Le laissera crever, en chemin, sans espoir.
Ô ! Tristesse d’un temps qui perd sur son trottoir
Des hommes malheureux noyés dans ce naufrage
Elle a le goût pervers d’un monde de passage
Qui s’éteint salement dans son antre, le soir.
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