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Radio days
Un gros meuble de bois ?la voix nasillarde
Un oeil vert qui clignote ou qui reste allum?
Des noms sur le cadran, sonorités bizarres
Hilversum, Stuttgart ou Kobe.
Un enfant est assis, rêvant devant la boite
Les parents sont absents; sans but, pour s’amuser
Il tourne les boutons d’une main maladroite,
Il écoute, sans se lasser.
Il entend les speakers, les molles speakerines
Les discours sirupeux
Et parfois, pleins de haine et de rage canine
Les cris d’un dictateur furieux.
Le monde lui paraît une forêt magique
A la faune grouillante inconnue des enfants,
De la boite s’élève une odeur electrique
Les lampes luisent doucement.
Et l’enfant ne sait pas que demain sera triste,
Qu’il faudra se cacher
Pour écouter au loin la voix des hommes libres
Parler de libert?
***
La Fourmi qui chante
Témoins éberlués d’une époque charnière
où tout, soudain, parait devoir accélérer
nous avons bien du mal à monter nos prières
vers un ciel dépeuplé.
Quand de nid familier et bien connu, la Terre
devient une chaudière en train de s’emballer,
quand la faim et la soif, la foule, la misère
sont en train d’exploser.
Quand des fous font règner un pouvoir mortifère
quand le credo des peuples est : toujours consommer
quand le riche se gave et le pauvre n’espère
que du pain pour manger.
Comment puis je penser, posant mon cul par terre
que mon petit jardin est un lieu préservé
que j’y suis à l’abri des tourments et des guerres
d’un monde déchiré ?
Simple fourmi perdue dans cette fourmilière
je veux encore, assis sous mon figuier
chanter pour quelques jours la chanson de lumière
avec le Monde entier !
Dago Laborel
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=dagolaborel
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