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Poème du très petit matin
Un moment incertain du très petit matin
Où l’on peut tout écrire;
Un instant anodin, apaisé, cristallin,
Favorable au délire.
Vénus est au levant, luttant contre le vent,
Naviguant insoumise,
Mais pâlit peu à peu quand un soupçon de bleu
Lentement se précise.
Un troupeau égaré de nuages légers
Au zénith se prélasse.
Un vert pale lavé d’un acide orangé
A l’est se met en place.
Alors vient le matin, on reconnait soudain
Les couleurs familières
Qui couvaient au jardin sous la voûte des pins,
Attendant la lumière.
Et puis le jour revient, avec lui le train-train
Des tâches ordinaires.
On oublie ce matin de bonheur enfantin,
Retour à la tanière !
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