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AUTOMNE DESARROI
Il est en fin d’été, peintre de la nature,
Il estompe les tons et change les couleurs.
Du fauve et du marron, voilà son écriture
Pour peindre ce tableau sous des effets trompeurs.
Il se connaît par cœur, revenant en septembre,
Chaque année il refait son esquisse en douceur
Avant de repartir un matin de décembre
Laissant l’artiste blanc commencer son labeur.
Pour simplement trois mois, mois de simple présence
Il ôtera les verts, les jaunes et les bleus
Venant les remplacer dans la brume en silence
Par de maussades gris qui nous semblent piteux.
Ce peintre des jours sans, maître mélancolique,
Chassera de nos cieux les bandes d’étourneaux
Qui s’en iront chercher cette chaleur magique
Sous d’autres horizons paradis des oiseaux.
Quand il aura fini son travail tristounet
En perçant le brouillard son manteau d’amertume
L’automne partira colorer sans regret
D’autres paysages fous de son triste costume.
Automne désarroi tu viens d’assassiner
Proprement cet été qui n’était pas coupable.
Obligeant de surcroît la belle à s’habiller
Automne vieux bigot tu es impardonnable.
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