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Mon cœur se serre de te voir pointer si tôt,
Ton doigt automnal, là, sur le pignon d'en face
Vêtu des tons de la nouvelle collection
Prunes, ocres, catalogue morte-saison.
A peine revenue de l'île enchanteresse
Il flotte encore en mon âme, un parfum d'ivresse
Ces miroirs bleu lagon, reflets de mes beaux rêves
Balayés aujourd'hui par le vent qui se lève.
Pourquoi craindre autant cet horizon gris maussade ?
Quand la pluie s'abat sur les champs en marmelade
Que la lumière n'est plus qu'un filet captif
Comme je sens mon corps se faire écorcher vif !
Comment t'apprivoiser, automne qui me mord ?
Ton fantôme me suit, et poursuit cette enfant
Exilée d'Afrique, jetée par dessus bord
Du navire tranquille où sautillaient ses ans.
Tu glaces ma peau et refroidis tous mes os
Point je t'aime hélas, car tu en fais vraiment trop
Rongeant le feuillage, inondant les caniveaux
Etouffant ça et là, les doux chants des oiseaux.
Tu es la joie pour l'amateur de cèpes tendres
Mais la mienne non pas, triste mois de septembre !
A l'odeur de rentrée, tablier reprisé
Chaussures trop grandes, sous-vêtements délavés.
Mon cœur se serre quand tu reviens, en rampant
Poser un souffle mûr sur le pignon d'en face
Badigeonner le ciel d'un emplâtre tenace
Assombrir tous mes jours, ô passé trop présent !.
Ce n'est rien... rien qu'un coup de vent !

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