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Il faut tout brûler, lui disais-je,
Incendier tout ces vieux fantômes,
Ces airs connus, ces vieux arpèges,
Qui nous écrasent sous leur dôme.
Au feu les photos du passé,
Toutes ces ruines balayées,
Ces visages emprisonnés
Par le vent des heures glacées.
Qu'il ne reste rien des instants
Meublés de rires et de voix
Qui encombrent nos sentiments
De trop de poussiéreux éclats.
Loin ces mines affriolantes,
Vermine de notre raison,
Que les flammes déliquescentes
Les avalent de leur passion,
Que leur fascinante colère
Se répande dans nos esprits,
Qu'ils sillonnent de leur lumière
Ces cadres creux et décrépits
Que le feu reforge nos coeurs
De délires incandescents,
D'appétits flambant de fureur
Et de leurs désirs bouillonants.
Chimay
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