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La sauteuse
Ses yeux sont grands ouverts, mais elle ne voit rien.
Ses battements de coeur couvrent les bruits de foule ;
Sous son regard braqué mille fois se déroule
La séquence sacrée de son essor prochain.
La voici tout à coup pétrifiée, attentive.
Gazelle effarouchée foulant un sol brûlant,
Elle s’élance enfin, et son pas bondissant
Trace vers les poteaux une courbe craintive.
Un fulgurant sursaut la propulse dans l’air.
Ses membres, souplement, comme un docile éclair,
Enveloppent la barre en gracieuses volutes.
Elle plane un instant, portée par les hourras,
Et puis fond vers la terre où l’épais matelas
Accueille pieusement sa triomphale chute.
Jacques Fabre © Août 2004
http://pagesperso-orange.fr/Jacques.Fabre/poemes.htm
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