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Chanson des ombres
Vois au soleil d'hiver nos ombres jumelées
sur le gravier stérile,
Et ton pas à mon pas en silence accordé
dans le bruit de la ville...
Parfois je vais devant et ton ombre me suit,
que c'est drôle...
Et parfois je te suis et mon ombre s'appuie
au creux de ton épaule.
Sur le trottoir sableux la trace de nos pas
ne reste pas, sans doute,
mais tant que nos enfants, les filles et les gars
sur cette même route,
Chanteront avec nous cette même chanson
pour quelques jours encore...
Tant que de nouveaux chants après nous monteront
dans les matins sonores,
Nous saurons que nos mains ont semé un bon blé
et qu'elle était féconde,
la trace de nos pas que le vent a comblé
sur les chemins du monde.
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