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JiBé diminutif de Jean Bernard
La répèt (ou la leçon de courage)
C’est au printemps passé , avec mon épouse
Nous étions invités chez Chantal et JiBé
A peine décollé des pistes de Toulouse
L’avion se posait sur l’île de Beauté
Ce voyage nous ravit car avec ma compagne
Nous allons chez son frère et sa dame de cœur
Qui vivent près d’ la mer un œil sur la montagne
Entourés d’oliviers et d’arbustes en fleur
Nous allons prolonger je l’espère très tard
Ces repas délicieux que Chantal nous mitonne
Ou Jibé en chantant sur des airs de guitare
Passe avec bonheur de Brel aux Rolling stones
Il fait partie de ceux à qui dame nature
A offert en naissant ce cadeau magnifique
Qui se rit des accords et de la tablature
Les poussant à s’unir pour mêler leur musique
Puis Jibé me présente à Jacques le bassiste
Ma surprise fut grande car je le connaissais
J’avais sans le savoir côtoyé un artiste
Nos vies professionnelles un temps s'étaient croisées
C’est souvent en soirée qu’a lieu la transhumance
Qui pouss’ les musiciens à vouloir se grouper
Ce soir je suis des leur, j’en salive d’avance
Car j’aime la musique mais ne sais pas jouer
Nous entrons en un lieu entièrement équipé
De matériel d’orchestre sono et instruments
Mais j’ai la sensation que ma vue perturbée
Fait apparaître Jacques en deux lieux différents
Comprenant ma stupeur le mirage m’explique
Je m’appelle Benoit et nous sommes jumeaux
Nature les a dotés d’un physique identique
Le don de la musique complète leurs trousseaux
Quelqu’un dit tout à coup, je retourne ma veste
Sur un signe de jacques s’opèr’ la mutation
d’individualités ils deviennent orchestre
Qui attaque aussitôt la chanson de Dutronc
Le chanteur c’est Jibé et sa voix nous régale
Installe au milieu d’un système complexe
Entouré de micros d’instruments , de pédales
Et puis son pense bête, le pupitre des textes
Jacques avec sa guitare régule le tempo
il donne l’épaisseur en distillant les basses
présence rassurante qui sans dire un seul mot
veille que de l’ensemble un comma ne dépasse
Les reprises solo c’est Benoit que s’y colle
Je suis émerveillé par sa dextérité
En écoutant ému les not’s qui caracolent
Je pense au calvaire qu'il a du endurer
Joseph le saint patron des artisans du bois
A quitté un instant des yeux son protégé
La machine vorace lui dévora les doigts
Le privant de guitare et de son beau métier
Quant on a dans le cœur toutes ses mélodies
On ne peut les bloquer derrière sa colère
L’envie de rejouer ces musiques jolies
Lui redonna la force de sortir de l’ornière
Lorsqu’il gratte les cordes utilisant son pousse
Sa guitare obéit à ses moindres désirs
Un flot mélodieux jaillit comme une source
L’entendre s’exprimer procure un grand plaisir
Je garde dans mon cœur un souvenir ému
Et d’avoir éprouvé ce sentiment étrange
Alors que la musique de ses rangs m’a exclu
En musicien doué vous côtoyer me change.
Jacques 2007
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