Les démons de plumetis

 

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La raison sans la connaissance... (Khalil Gibran)

le samedi 08 décembre 2007, à 00:40. Posté par rosita Djouzi


    "La Raison sans la Connaissance est comme un sol inculte

    ou un corps humain sous-alimenté"

    Khalil Gibran



    .

    LA LIBERTÉ

    Vous serez vraiment libres non pas lorsque vos jours seront sans soucis et vos nuits sans désir ni peine,

    Mais plutôt lorsque votre vie sera enrobée de toutes ces choses

    et que vous vous élèverez au-dessus d'elles, nus et sans entraves.

    Et comment vous élèverez-vous au-dessus de vos jours et de vos nuits sinon en brisant les chaînes qu'à l'aube de votre intelligence vous avez nouées autour de votre heure de midi ?

    En vérité, ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons brillent au soleil et vous aveuglent.

    Et qu'est-ce sinon des fragments de votre propre moi que vous voudriez écarter pour devenir libres ?

    Si c'est une loi injuste que vous voulez abolir, cette loi a été écrite de votre propre main sur votre propre front.

    Vous ne pourrez pas l'effacer en brûlant vos livres de lois ni en lavant les fronts de vos juges, quand bien même vous y déverseriez la mer.

    Et si c'est un despote que vous voulez détrôner, veillez d'abord à ce que son trône érigé en vous soit détruit.

    Car comment le tyran pourrait-il dominer l'homme libre et fier si dans sa liberté ne se trouvait une tyrannie et dans sa fierté, un déshonneur ?

    Et si c'est une inquiétude dont vous voulez vous délivrer, cette inquiétude a été choisie par vous plutôt qu'imposée à vous.

    Et si c'est une crainte que vous voulez dissiper, le siège de cette crainte est dans votre coeur, et non pas dans la main que vous craignez.

    En vérité, toutes ces choses se meuvent en votre être dans une perpétuelle et demi-étreinte, ce que vous craignez et ce que vous désirez, ce qui vous répugne et ce que vous aimez, ce que vous recherchez et ce que vous voudriez fuir.

    Ces choses se meuvent en vous comme des lumières et des ombres attachées deux à deux.

    Et quand une ombre faiblit et disparaît, la lumière qui subsiste devient l'ombre d'une autre lumière.

    Ainsi en est-il de votre liberté qui, quand elle perd ses chaînes, devient elle-même les chaînes d'une liberté plus grande encore.




    LA CONNAISSANCE DE SOI


    Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.
    Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos cœurs.
    Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
    Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.
    Et il est bon qu'il en soit ainsi.
    La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
    Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
    Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,
    Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
    Car le soi est une mer sans limites ni mesures.
    Ne dites pas: 'J'ai trouvé la vérité', mais plutôt: 'J'ai trouvé une vérité'.
    Ne dites pas: 'J'ai trouvé le chemin de l'âme'. Dites plutôt: 'J'ai rencontre l'âme marchant sur mon chemin'.
    Car l'âme marche sur tous les chemins.
    L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croit tel un roseau.
    L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables



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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
Taj le samedi 08 décembre 2007, à 16:51
J'ai aimé relire la sagesse de Gibran. Mon amitié. Bonne journée.

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