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D’ou viens tu poète
D’ou viens tu poète, au temps qui va,
Cri de ma mémoire vieillie,
Ombre de ces tendre lilas
Qui n’ont plus jamais refleuri.
Où vont tes soupirs écorchés
Profonds sillons où je m’abandonne
Sur ces fronts perdus et glacés
Aux saison monotones.
Où va se perdre ton regard
Là bas sur les blés couchés
Quand vont les grand soirs
Ces dos tout voûtés.
Tu regardes l’horloge assoupie
Qu’une main n’a plus remontée,
Ce temps qui va et s’enfuit
Sans rien emporter.
L’assaut du temps te sourit,
Ombre et lumière t’inspirent,
L’ardeur du vent te réjouit
Là où la nature semblait dormir.
Ou te mène ce chemin dévoisé
Vers cet immense reposoir
D’où nos vastes solitudes emprisonnées
Ne laissent échapper un seul regard.
Ou seras tu poète que j’ai aimé,
Disparu dans le délabrement
De ma mémoire, ce gouffre aimanté
Au ciel noir triomphant.
Dédié à Joel
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