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Le vieux pays
Il est un vieux pays où nous nous rendons tous,
sans passeport, avec nos rêves pour bagage.
Nul gabelou ne veille à ses vagues frontières,
nous marchons longuement sur ses chemins ardus
où des pas, par millions, ont creusé une ornière
d' espoirs évanouis et de désirs perdus.
Au loin s'effacent les maisons grises, et les portes
par où l'on pénétrait dans les horizons bleus
se ferment lentement aux rives des mers mortes.
Nous marchons, esseulés, à pas silencieux...
Mais, peut être, levant encore nos visages
au ciel obscur, dans le lointain, nous entendrons
passer comme la grue au dessus des étangs
le chant pur et glacé des étoiles sauvages.
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