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LA COLÈRE
Je garde pour la fin, celui-là m'est très cher,
Très douloureux aussi, j'ai nommé "la colère".
J'ai perdu à cause d'elle l'amitié de mon frère,
Ma confiance en demain, l'insouciance légère.
Mouvement agressif à l'égard de quelqu'un,
Violence sans retenue qui fait mal à dessein,
J'ai découvert que rien ne peut être certain,
Que face à la colère, hélas, on ne peut rien.
Jamais je ne pourrai ni ne voudrai admettre
Que l'homme civilisé même en pleine tempête,
N'arrive à dominer ses vils instincts de bête,
Et laisse la colère disposer de son être.
Fuis les hommes en colère, tu me l'as dit un jour,
J'ai voulu résister, sans penser qu'à mon tour
Je pourrais m'y noyer, que la haine au détours
Du chemin surgirait, me laissant sans recours.
J'ai étouffé ma haine, écrasé la colère,
Tu n'arriveras pas, du fond de ton désert,
A me faire accepter tes réflexes primaires,
Mais ne penses-tu pas que toi aussi, tu perds ?
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