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Ils agitaient les bras, ils criaient. Ils lui demandaient de descendre. Ils le lui...ordonnaient.
-- Qu’est ce qu’ils veulent à votre avis ? demanda-t-il à Adila.
-- Tout cela est de ma faute, ils ont l’intention de vous emprisonner pour que vous ne reveniez plus chez moi.
-- M’emprisonner ? Mais je suis le Roi !
-- Vous étiez le Roi ; Vous ne l’êtes plus maintenant. Votre couronne à commencé à fondre depuis que vous m’aviez obéie. Je sais, vous êtes convaincu que vous n’aviez agi que pour le bien de votre peuple. Vous rêviez d’instaurer l’égalité et la paix. Vous êtes satisfait des premières mesures que vous aviez prises. Vous croyez que tout le monde aime la justice. Vous allez vous apercevoir dans un moment que vous vous trompiez. Vous comprendrez quand ils arriveront ici. Regardez comme ils suent pour vous atteindre. Votre femme qui n’avait certainement jamais escaladé une montagne se trouve au premier rang, suivie de vos frères, de vos proches, des vizirs…Tout ce monde n’éprouve pas la satisfaction qui vous comble. Ils ne tolèrent pas que le simple citoyen ait les mêmes droits qu’eux…ils tenteront de vous faire revenir sur la façon dont vous comptez gérer le pays.
-- Non, s’écria le Roi, ça ? Jamais !
-- Alors préparez-vous à les affronter ! Moi, je dois m’éclipser.
-- Vous m’abandonnez ?
-- Non ! Si vous arrivez à les vaincre je vous rejoindrai. Si vous êtes vaincu rejoignez-moi, je suis partout.
Le Roi se retrouva encerclé. La Reine s’avança vers lui, le fixe, puis s’adresse aux vizirs :
-- Ne vous-ai-je pas dit qu’il est fou ? Attention ! Il pourrait être dangereux, il faut le ligoter !
Le Sultan, offensé par les propos de sa femme, se défendit :
-- C’est elle qui est folle ! Regardez ses yeux, vous y verrez le diable ! Je vous ordonne de regagner la Palais, je vous rejoindrai le moment venu.
Tout le monde éclata de rire.
-- Calmez-vous ! intervint le vizir chargé de l’ordre et la sécurité, la Reine a raison. Il faut le ligoter. Toi, toi et toi…
Trois hommes de forte corpulence se ruèrent sur le Roi qui, les voyant venir dégaina son épée ; mais avant même de s’en servir il se sentit transpercé à plusieurs endroits du corps. La Reine n’eut alors plus besoin de le ligoter pour l’immobiliser.
Elle s’approcha de lui, et de son pied le retourna. Il ne s’était pas encore éteint. Il articula :
-- Morts, vous l’êtes depuis longtemps, c’est en vous quittant que j’existerai…
Et il rendit l’âme. Mais il souriait encore. Un sourire d’un charme extraordinaire s’était figé sur sa bouche. Comme une moquerie. Le sourire triomphant blessait profondément chaque cœur haineux qui se penchait sur le cadavre. La Reine fut la première cible touchée. Furieuse, elle ordonna :
-- Qu’on le défigure !
Son ordre fut immédiatement exécuté. Le visage du Sultan ne se distinguait plus. Mais le sourire triomphant persistait. Il s’était gravé ineffaçablement sur la mémoire des présents et s’amusait d’un moment à l’autre à remuer leur conscience.
La caravane guidée par la Reine rentrait au palais. Le vizir des affaires personnelles fermait la marche. Il s’était arrangé pour se retrouver au dernier rang ; parfois il se laissait distancer, il craignait qu’on sache que la disparition du Roi l’attristait. Il arrivait à peine à taire son chagrin. Lui seul savait que le Sultan avait sacrifié sa vie pour une cause juste. Adila est une créature qui anime celui qui la rencontre d’une volonté, d’une passion de changer le monde ou le quitter.
Son cheval s’arrêta. Il connait bien la bête. Il scrute les alentours. Au sommet de la montagne Adila rayonnait, un flambeau à la main ; à ses cotés Le Roi continuait à sourire.
Fin.
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