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Corse, paradis fragile
Non, je n’y peux rien, tu sais,
Ah ! si seulement tu étais laide,
Aux rivages sombres sans attrait,
Aux vagues qui à l’ennui cèdent,
Montagne sans même un écho
Où se perdrait le temps,
Où l’ombre, dans le ruisseau,
S’attarderait infiniment,
Tes instants seraient pareil
A ces aurores figées
Qui n’ont plus sommeil,
Sur nos regards délavés.
Ce soleil qui le soir te maquille,
Rougissant les roches vieillies
D’un crépuscule tranquille,
Ne serait qu’un astre pali.
Non je n’y peux rien, tu sais,
De ce temps, juste là, maudit,
Où se creusent les plaies
Où l’on tue les paradis.
Ces petits caseddi plaintifs (1)
Aux lueurs tendrement assoupies,
Berçant l’agneau chétif
D’un passé trop jauni,
Plaines bercées par les vents,
Orphelines d’un lointain passé,
Quand les troupeaux allaient flânant
Aux saisons éparpillées.
Non je n’ai que ce chagrin
Au milieu d’un tas d’illusions
Où vont mourir chaque parfum
aux horizons profonds.
(1) Petite bergerie faite en pierre sèche.
http://www.youtube.com/watch?v=Ph3Nk1F_Rx4#
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