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Conte de la princesse et du poète

le dimanche 20 janvier 2008, à 19:25. Posté par alain


    Voici longtemps bien longtemps dans le confins des mondes
    C’était un temps d’avant le temps
    C’était un lieu d’avant les lieux
    C’est à peine si la Terre était la Terre
    Et les chemins d’étoiles ceux qu’on sait aujourd’hui
    Il y eut un accord
    Entre l’orient et l’occident
    Entre le proche et le lointain
    Entre l’amer et le doux
    Entre le feu et la glace
    La sagesse et la folie
    L’étrange et le commun

    Il était question
    Ainsi les dieux parfois s’inquiètent du sort des humains
    D’une princesse parmi les plus belles
    Une princesse au regard d’onyx et d’émeraude
    Que maintenaient enfermée
    Les caprices d’un gueux
    Et les carcans des traditions
    Elle avait disait-on perdu
    Le goût de vivre et le parfum des roses
    Au point que parfois dans ses yeux surgissait
    La grande marée des larmes

    Libérons-la
    Proposa un dieu de mansuétude
    Vous n’y songez guère
    Rétorqua un autre dieu plus circonspect
    A peine sortira-t-elle qu’elle s’en va s’évanouir
    Nul ne peut connaître la liberté
    Sans y être à l’avance préparé
    Un troisième dieu plaida
    Comment s’accoutumer à ce qu’on n’a pas goûté
    Un quatrième intervint
    Il est trop lourd à endurer
    Le chagrin de changer le cours des jours

    Alors venue de loin une voix résonna
    C’était celle d’une déesse
    Offrons disait-elle
    A cette princesse
    L’assistance d’un poète
    Ni tout à fait homme
    Ni tout à fait dieu
    Mais délicat ciseleur de mots
    Et sculpteur de tendresse

    L’avis fut écouté
    Et l’on s’enquit aussitôt de recruter
    Sur la surface de la Terre
    Le poète qui convint
    A cette mission divine

    Parmi les huit mille huit cent huit candidats retenus
    A l’agence nationale pour l’emploi des poètes
    Un seul sembla digne
    Car son cœur était pur
    Et son verbe était doux

    C’était au temps d’avant le temps
    C’était au lieu d’avant les lieux
    C’est à peine si la Terre était la Terre
    Et les chemins d’étoiles ceux qu’on sait aujourd’hui
    Il y eut un accord

    On murmure parfois
    Dedans les voies lactées
    Que le poète et sa princesse
    Vivent le diamant d’aimer

    Et lorsque leurs doigts s’en vont
    Toucher la chair de l’autre
    On dit qu’il s’en produit
    Des moussons de tendresse
    Et des orées de bonheur




    17 janvier 08





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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Ivydall le dimanche 20 janvier 2008, à 19:38
Mission accompli Alain! Un très beau texte ami poète.Amitié.Ivy

Dago Laborel le dimanche 20 janvier 2008, à 22:08
Trés, très réussi , bravo!

Niala (espoirs) le lundi 21 janvier 2008, à 13:06
trés joli conte, beaucoup de bonheur à vous deux Alain, Amitié

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