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Au juste moment où se tordait ma solitude
Près d’une chaude larme, il vint se désaltérer
Ô créature sublime, qui boit mon inquiétude
Douce et légère, aux ailes si finement colorées !
Je me figeai alors, comme statue de pierre
Tandis que mon cœur battait comme un fou
Sur ma peau hâlée, il s’ébattait de lumière
Ainsi posé, l'effronté, il tatouait ma joue !.
Une brise subtile l’appela sur mon bras
Où j’admirai tout entier le cadeau du sort
Emerveillée par ce signe, combien éblouie de foi
Présage de chance, pour peu que l’on y croie.
Mon souffle devint court, pour ne l’affoler point
Mais, frémissant d’un indicible bonheur, soudain
Je le vis s’échapper, ô mon bouquet d’ocelles
Disparaître à mes yeux, et fleurir la balancelle.
Il venait simplement m’annoncer ton retour
Ce superbe papillon, venu faire un détour
Au jardin de mon cœur, par ton absence, meurtri
Ourlant ma détresse d’un ruban d'organdi.

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