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Petit homme n'a que treize ans, bien jeune, et pourtant
Du lever au couchant, chaque jour, distribue sa peine dans les champs.
Des clichés d'hier, venus d'un autre siècle, à peine plus de quarante ans
Les travaux de la ferme habitent sa jeunesse, et ceci à plein temps.
Souvent, bien avant la naissance du jour, commençait son dur labeur
Musette sur l'épaule, dont les os pointent, ne cachant pas sa maigreur
Il rejoignait les champs,toujours seul, connaissant le domaine par coeur
En ces saisons, l'ouvrage commandait, réclamant chaque jour de la sueur.
Une mesure de betteraves à nettoyer, un carré de chardons à déraciner
Et s'écoulent les heures, en pleine nature, sans jamais oser rechinier.
Parfois, la bouche se crispait à en faire grincer les dents et le calme revenait
Et la terre noire des tourbières, au fil du temps, sous la peau s'imprégnait.
Il travaillait ainsi, au fil des mois, sans voir vraiment s'écouler le temps
Accomplissant sa besogne en dépit du soleil ou des averses de printemps
Et surtout sans prendre le temps de se plaindre, pas la place aux sentiments
Pas de prière au bon Dieu, non,on accepte tout, on est déjà un grand.
Et quand sonnait l'Angélus du soir, petit homme se rentrait
Arc-bouté de fatigue, mais pas mécontent de sa jeune destinée
Et dans les silences de la nuit qui grandit, il se prenait à rêvasser
Il voulait courir les mers, perpetuelle quête du besoin de liberté.
On ne sonne plus l'Angélus et la campagne de par ici s'est dépeuplée
Petit homme a navigué plus de vingt ans, mais même la mer a changé!
Il aime raconter ses voyages à qui veut bien encore l'écouter
Il faut dire qu'avec le virtuel, pour un voyage, il suffit de cliquer.
Patrick DERACHE
24 janvier 2008
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