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Prisonnier de ses peines.
Après une longue nuit d’angoisse, se dessine une aube incertaine.
Las, il relève sa carcasse, traînant le boulet de sa peine.
Il l’aimait au-delà de tout, il lui aurait donné sa vie ;
Le voila si seul tout à coup, il n’est qu’un homme, plus un mari.
Il sent au fond de sa poitrine, la résonance d’un requiem,
Sa gorge se sert quand il réprime ses larmes qui disent je t’aime.
Son corps succombe sous la blessure de la rafale des adieux,
Il respire encore, mais c’est dur, à présent, il se sent si vieux.
Il vient à supplier sa muse, de lui donner les premiers soins,
Plus elle s’applique, plus il abuse, il cherche à enfuir son chagrin.
C’est sous le poids d’un crayon gris, qu’il écrit par-dessus ses plaies,
Et peu à peu il se guérit, ses vers vont le mettre sur pieds.
Il se surprend même à sourire, il en arrive à plaisanter.
Ose regarder l’avenir, il peut même s’entendre chanter.
Plus il écrit et plus le ciel lui offre son bleu de velours.
Il savoure les mots de miel, il les envole en troubadour.
Les gens s’intriguent de cet homme, s’élevant parmi les oiseaux.
Ils l’apprécient quant il entonne le doux murmure du ruisseau.
Son refrain s’étire en arpèges, il est emporté par les vents ;
Se dépose en flocons de neige, dans le cœur d’une femme enfant.
Alors soudain les cicatrices, qu’il croyait guéries à jamais,
Recouvrirent ses lèvres d’artiste, y enfermèrent tous ses secrets.
Depuis, son âme est prisonnière du pénitencier de ses peurs.
Au loin, il cherche la cavalière, qui possède la clef de son cœur.
Stéphane Borrell.

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