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La Luciole et Le Cafard
Une Luciole sous la lune
Brillait d’une flamme opportune
Pour attirer tous ses amants
Contre son cœur de ver luisant
Mais sur sa route elle rencontre
Monsieur le Cafard, noir de honte
Chacun l’évite par dessus tout
Car son aspect provoque dégoût
Or notre luciole est éreintée
Car toute la nuit elle a cherché
Un amant pour la cajoler
Et pas un ne l’a caressée
Elle n’a plus la force de voler
Elle doit encore se reposer
Alors ses deux yeux détournant
Elle laisse l’animal répugnant
S’approcher d’elle d’un pas lent
Mais qu’il passe vite ce dégoûtant !
Monsieur le Cafard aux grands yeux
Sait bien qu’il est laid et hideux
Aux yeux du monde c’est un lépreux
Il finira tout seul et vieux
Mais cette lumière le rend heureux
Qu’elle est belle cette être de feu
Il s’approche, elle ne s’enfuit pas
Il veux lui chanter son émoi
Bonjour à vous belle lueur
Qui attirez le voyageur
Vous êtes d’une beauté transparente
Qui en tout milieu nous enchante
Vous êtes la grâce, la légèreté
Vous êtes princesse en conte de fée
Lui dit le bien triste animal
D’une voix chaude et amicale
Madame Luciole fut fort surprise
Car cette voix la tétanise
Et si sous cet aspect hideux
Se cachait un cœur merveilleux
Elle lui répondit par mégarde
De sa drôle de voix nasillarde
Certes mon corps brille à vos yeux
Mais mes sons n’ont rien de gracieux
Je n’ai pas votre voix de chanteur
Qui m’enveloppe de douceur
J’attire les autres par mes feux
Mais les fait fuir de mes mots creux
Le Cafard est un peu surpris
Qu’on ne lui parle pas par mépris
Si j’ai une voix de troubadour
C’est qu’elle ne parle que d’amour
Mais personne ne veut m’écouter
Je ne suis rien qu’une larve damnée
La Luciole aux gestes élégants
S’offrit a ce prince charmant
Et le bonheur rempli sa vie
Depuis elle ne jure plus que par lui
Moralité :
« L’apparence n’est souvent qu’un leurre
Qui vous fait oublier le meilleur »
Lanédo
-copyright avril 2005 -
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