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Sous nos fleuves bruyants
Vit souvent une faune
Qui glisse doucement
Entre les roches aphones
Tumultueux et lourds
Comme des murs vivants
Ils traversent les jours
Emportant des moments,
Des souvenirs mauvais
Qui s'accrochent au fond
Et sans les arracher,
Font tourner les tessons.
Le coeur déchiqueté,
Souvent nous avançons
Malgré les alluvions,
Comme au bord des fossés
Où traine une chanson,
En rêvant que l'oubli
Ténébreux et fécond
Nous pousse vers la vie
Libres de nos démons.
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