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Saint Valentin
Un bouquet de quatre sous et un cache-misère
En papier transparent pour faire plus joli,
Je m’avance vers toi et fais une prière
« Veux-tu bien m’accepter ma belle, mon amie ? »
Tu souris et ton front s’éclaire de douceur,
Nos deux mains qui se touchent font frissonner ma peau
Et ton parfum subtil appelle le bonheur,
Un baiser sur ta joue en unique cadeau.
Le chemin vient offrir ses pervenches fleuries,
Les myosotis coquets, le muguet de l’espoir
Et quand on se promène les oiseaux dans leur nid
Se taisent un instant, se penchent pour te voir.
La Vilaine s’amuse vers le pas de Davy,
Elle traîne charmante entre les vernes en fleurs,
Un enfant met à l’eau le bateau de la vie
Qui hésite, s’en va en délaissant ses peurs.
Une branche tordue l’arrête un moment,
Il hésite encor puis se perd dans les flots,
Nous regardions ses jeux et nous avions vingt ans,
Nos doigts entremêlés… quand soudain un sursaut,
Une crainte trop prompte est venue nous saisir,
Le reflet de nos corps décrépis et vieillis,
Tu tenais mon bouquet qui te disait « je t’aime »
Et mes tempes blanchies portaient toutes mes peines…
Tout doucement s’éteint la lampe près du port,
Elle emporte les joies des marins épuisés,
Sur les ailes du vent vient le froid du grand nord
Mais nos âmes espèrent et se quittent à regrets.
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