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Le cri de la citrouille (Fredgev)

le mercredi 20 février 2008, à 17:27. Posté par COLLECTIF (auteur : Fredgev)





    Boy, le mur est froid, les regards brûlent là juste sous nos regards. Boy, les regards brûlent et sondent tes ravages, et rêvent de trouver des zones de transfert. Boy, c'est plein soleil c'est cent mille lux braqués dans tes entrailles, c'est cent mille lux pour trouver une faille. C'est lumineux fumant incandescent la douleur est exquise, c'est cent mille lux de bonheur incendie.
    Boy, on irait presque fouiller dans tes rêves.
    Boy, le mur est froid, les peaux trempées de sueurs et d'averses, la pluie retombe un peu comme d'habitude c'est courant, c'est le temps par ici c'est une vieille habitude c'est le temps par ici c'est une vieille habitude, tous nos cheveux mouillés ça faisait toujours bien aux entretiens d'embauche. Boy, les regards brûlent, les regards sondent, les entretiens sont clos et nos mensonges tombent, plus que quarante mille lux et on nous laisse partir, c'est le temps par ici c'est une vieille habitude, c'est nos pluies de misère qu'on achète à la pelle pour pleurer à plein seaux nos détresses sauriennes.
    C'est bien fait, Boy, c'est bien fait
    Plus que quarante mille lux et on pourra partir.
    Boy, on irait presque fouiller dans tes rêves.
    Ah Ah.
    Boy, le mur est froid le mur est gris sous toutes les luminances.
    Hépatomélancoliques, poètes alcooliques, nos saisons en enfer sont des bouis bouis sordides de bouffe pour touristes. Turistas littéraires,idées idéaux purs et pinard frelaté.
    Ca ne fait pas bon ménage. On n'y voit plus rien depuis un bon bout de temps.
    Sept cent lux d'après midis houblon, les déesses du bar portent toutes le même nom. Machine.
    C'est là que ça a déraillé, Boy. On irait presque fouiller dans tes rêves.
    Une ampoule grille, Boy, tu ne t'en rend pas compte. C'est là que ça a déraillé.
    Six cent lux. Tu es déjà bourré. Il est quinze heures à peine.
    C'est là que ça a déraillé, Boy.
    On irait preque fouiller dans tes rêves. Ah Ah.
    Boy, y a des drôles de trucs qui sortent de tes oreilles. Des bêtes. Tu es visqueux, Boy. Tu es cafardeux. Boy. Je t'aime je t'aimais. Ton humanité est toxique.
    Tu déliriumes à fond tes amours agoniques. Pitié, Boy, Pitié.
    Une ampoule encore, Boy, une bière sur le grill. Cinq cent lux. On irait bien farfouiller dans tes rêves. Il fait sombre, Boy, il fait si sombre et toi tu ne vois rien. Tu ne vois rien venir. On déraille, Boy, on déraille.
    Le mur est froid et net au fond de nos bas fonds. Le mur est gris.
    Il n'y a que des murs au bout de nos passions.
    Tu me dis qu'il fait froid, que c'est déjà octobre. Je m'en fous, Boy, je m'en fous. Il fait octobre depuis longtemps, et c'est pas original. Tu dérailles, Boy, tu te plantes. Tais-toi.
    Il fait sombre.
    Deux cent lux. Rideau.
    CA NE VIENDRA PLUS, BOY, CA NE VIENDRA PLUS.
    Plus que vingt lux, c'est rue obscure, on est foutus dehors tu chantes ces Gibson que t'aurais bien voulu briser sur d'autres scènes. C'est trop tard Boy, c'est trop tard. C'était trop grand pour nous. On est la première partie de la première partie de la premiére etc.. etc...
    C'est marrant, t'as l'air d'un pochard qu'aurait eu ses diplômes. Guère plus. L'addition est salée.
    Avenirs auchan, poissons rouges, pavillons de banlieue. Enfants merdiques, femmes merdiques, cuites du samedi soir, boulots merdiques, souvenirs merdiques. A trente ans. Des murs.
    Plus que deux lux . La nuit. Dehors. La nuit nous lisse. Nous lave.
    Le mur est froid obscur. Et les regards nous brûlent. Accouchements dans la douleur de nos pulsions 1 volt 5. Dans une étable en Galilée, un chien sort du ventre d'une femme et les rois mages apportent les croquettes. On déraille, Boy, on déraille. Quelquepart à Sowetto, une partie d'échec se termine sur un pat, mais les blancs gagnent quand même. Dans un hôpital de venise, le doge se fait inciser les hémorroïdes. Là, dans le ciel de russie, un pilote a compris que jamais il ne serait mermoz. Et il s'en fout. Le pauvre. Il se viande. Avec ses deux cents passagers.
    Tu vois le mur est froid et puis nos peaux nous brulent , et ces regards en face qui sondent nos regards et cherchent à comprendre à fouiller dans tes rêves et à chercher la faille. Ces regards cent mille lux ces phares de camion qui nous ouvrent la nuit et un nouveau départ. Contre le mur. A fond. Boy. A fond.



    Fredgev
    http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=fredgev



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