|
Agonie Nocturne
Les têtes avoisinantes dodelinent encore, par à-coups, tristement désaccordées sur un rythme en sursis. Les heures ont filées, anonymes et si pleines dans une foule agitée de spasmes musicaux.
Et l’antre aux plaisirs se vide désormais, parsemée partout de reflets d’orge et de verreries à l’abandon, éparses sur les tables, délaissées par un peuple disparu depuis dans la nuit vaporeuse.
* * * * *
Mais passant subitement la porte, grondement digne des enfers souterrains, une horde d’héroïques hérétiques s’élance au travers de l’assemblée sclérosée, éclatant en bout de salle dans un tonnerre sonore et mugissant qui ébranle et grise jusqu’au vœu d’insomnie.
Frères damnés de ces heures terribles, nous communions dans un flot de danses et de frénésies éthyliques, jamais abreuvés de vertiges dans le sein de nos abrupts et saccadés mouvements vers la rupture d’équilibre.
* * * * *
Toute foi, tout culte connaît le crépuscule des consciences, et l’aurore nous irradie au matin venu de sa verve, éblouissante et douloureuse, dans l’effondrement et l’effacement des féeries que la nuit de brume nous avait laisser entrevoir. Le prisme solaire renaissant inaugure le deuil de nos éternités nocturnes.
David Cathala
|