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J’ai demandé au vent
J’ai demandé au vent pressé
Où je pouvais attraper le temps.
Il me répondit : ce malin est rusé,
Il court plus vite que moi le vent.
Il ne dort pas, ne s’arrête jamais,
Il est partout, ne le vois tu pas,
Quand courent les songes, les regrets,
Quand se retire la mer, d’un ciel si bas,
Que les mains se délient, lasses, fanées.
Il vient de bien trop loin, tu sais,
De ces cieux tout voilés
Où les étoiles inspirées nous inventaient.
Vas, regarde un peu ici et là
Quand s’incline le coquelicot
Que, sur sa tige, la tête en bas,
Le temps s’enfuit sans un mot.
Quand l’agneau naît, fragile,
Et qu’il s’attarde un peu,
Tu le verras flâner, agile,
Ouvrant ses grand yeux.
Mais tu ne m’as pas répondu,
Où puis-je attraper le temps
Et voir le jour suspendu
A mes lèvres d’enfant.
Pourquoi soupires tu ainsi,
Dis, j’ aurai bien le temps
S’il s’arrête par ici
Et que tu t’arrêtes, toi le vent.
Ne sois pas si pressé, vois tu,
Car plus tard, bien plus tard,
Quand tes vieux os seront repus,
Près d’un infini brouillard,
Enfin apprivoisé, semblant docile,
Te caressant d’une écharpe de lune
A en étreindre ton cœur fragile,
Libérant ton âme nue de rancune,
Le temps tu aura attrapé.
Et comme ces lucioles, au petit jour,
Virevoltantes, épuisées,
Tu t’éteindras, au temps devenu sourd.
Dis, le vent, emmène moi,
Je ne veux plus attraper le temps
N’importe où, ou tu voudras,
Dis, si tu en as le temps.
dédié à Marylou
http://www.youtube.com/watch?v=aiXcUTTLud4#
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