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Je me souviens de ce vendredi noir là
Lorsque le ciel se confondait
Avec les fumées noires
Provenant des pneus enflammés
Oui lorsque entrelacés
Nous faisions le tour du champs de Mars
Hurlant, criant, Abas le général
Abas les militaires, abas l'armée
Je me souviens du premier coup de feu
Lorsque des manifestants tous mains nues
Couraient sans direction certaine
Ou lorsque la DGI se transformait en maquis
Pour les assoiffés de justice pour tous
Je me souviens de ce bonhomme là
Qui tombait mort tout près de toi
Et lorsqu'apeurée tu souriais
D'un sourire qui m'assassinait le coeur
Je me souviens de ce soldat là
Qui épaulait son fusil de calibre M16 et tira
Lorsque le projectile atteignait
Le flanc droit de ta poitrine
Oui je me souviens lorsque je me baissais
Tout essoufflé pour te prendre la main
Et que tu me disais de ta voix combattante
Non ! Frantz Ça se dégénère rentre chez toi
Je me souviens de tout Ça
Lorsque je me réfugiais jusqu'à la maison de l'autre
Pour voir comment que Ça allait finir pour toi
Je me souviens avoir vu l'ambulancier
Qui s'accaparait de ton corps
Ce corps si impressionnant, beau
Celui-là que je croyais indestructible à un moment
Pourtant les balles assassines
De ces sanguinaires hors pairs
L'ont démantibilé en une fraction de seconde
Je me souviens de toi qui me barrais
Pendant que l'autre s'aprêtait à foncer sur moi
Je me souviens de ta bravoure incommensurable
Frantz Le beau
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