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Ce matin
Avant même
De me craquer les doigts
Avant même de poser mes yeux
Sur la splendeur des lèvres de ma femme
D'emblée je suis tombé
Sur ses mots-sang
Sur ses vers-souffle
Son Carpe diem
Et
Au milieu d'eux
Je l'ai vu traverser
L'impasse glissante de l'amour
Fredonnant à voix perdue
Son hymne à la poésie
Ses mots prêts à guérir
Oui ses mots à nous
Je l'ai vu toiser les joues maquillées de la haine
Celle-là qui de son ton tueur
Empêche à ses frères d'encre
De gravir la montagne escarpée
De la victoire certaine
Cherche à avilir leur âme de combattant assermenté
Je l'ai vu de mes propres yeux
Chuchotant à l'oreille de son coeur
Ce coeur qui semble
Signer le pacte net, sacré
De ne pas mourir
Avec le mot de la vérité au fond de ses muscles
Je l'ai vu tirer de son bleu frais
Un vert-clair-tendre comme l'herbe
Un vert affectueux
Semblable à l'essence d'une lampe
Mouillant la mèche de toile
Afin que clarté règne en permanence
Je l'ai vu rire, sourire de son air taquinant
J'ai vu l'homme campé ... nu
Oui ... j'ai vu le poète
En dehors même de ses lunettes
Au beau milieu de son ombre
Franc ... comme sa main
Beau ... comme le soleil teinté de rosée
Traversant le boulevard court, coincé de la vie
Je l'ai vu bousculer des nuages
Semblant nous séparer les uns des autres
Sur les artères de l'espace jonché de vers, de rimes, et de proses
De cet espace moelleux ... vivant
S'appuyant sur les hanches virantes de ses mots d'amour
De ses contes poétiques, de ses gestes de coeur
Les mâchant, les ruminant, les feutrant sur sa langue d'homme
J'ai bien vu le frère ... oui, Jean ... tel qu'il est
Au milieu de Millie et de sa mère
Aimant le rythme et la musique
Oui de mon coeur vif ... je l'ai vu même
A l'envers clair de son carpe diem
Frantz Le beau
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