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Retour au sol
Empêtré dans un corps de plus en plus pesant,
Assis au bord d’un ciel où rougit la lumière,
Fatigué de trainer mes pieds dans la poussière,
Oublieux du passé et lassé du présent.
Sans crainte, sans regret, vers le sol bienfaisant
Revenant m’abreuver à la source première,
Cherchant de tout mon corps la terre nourricière
Un jour je m’étendrai dans un pré apaisant.
Et, quand j’aurai dormi et longuement rêvé
Avec un ver luisant pour lampe de chevet
Je me réveillerai insecte ou anemone
Pour me fondre à jamais dans l’espace mouvant,
Herbe au milieu du pré, abeille qui bourdonne,
Dans le grand tourbillon nourricier du Vivant
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