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La colère d’Eole…
Eole est en colère et nous le fait savoir,
Ses poumons tout gonflés lâchent des courants d’air
Qui font valser la mer à l’endroit à l’envers…
Des troupeaux de moutons à la frange des vagues
Du matin jusqu’au soir paissent l’écume noire,
Des mouettes affolées au gré du vent divaguent
Tandis que des bateaux fuyant les maelströms
S’agitent vainement dans ce grand aquarium…
{Eole est en colère et nous le fait savoir,
Il a tué l’horizon et marié ciel et terre,
Par cette étrange union d’éléments déchaînés
On voit naitre l’enfer sur tout le territoire…
Car le jour s’est enfui emportant sa lumière,
Laissant place à la nuit et son obscurité
Dont les éclairs zébrés provoquent l’anxiété
Des enfants apeurés ainsi que des aînés…
Eole est en colère et nous le fait entendre,
C’est un vent de damné qui s’engouffre partout,
Nul n’y peut résister de la Bretagne aux Flandres,
C’est le bruit de l’enfer qui monte de la terre,
Qui vrille à nos tympans et puis qui nous rend fous…
Il fait ployer les arbres, il soulève la mer,
Il arrache les toits et il pleut des ardoises,
Il est maître du temps et Eole pavoise…
Et puis soudain plus rien… un silence inquiétant,
Le temps s’est suspendu, les flots se sont calmés,
La houle de la mer tout doucement roucoule,
Une légère brise amène le printemps,
Le ciel a revêtu ses habits de beauté
Et dans les rues meurtries se consolent les foules…
Nettoyer, réparer les caprices d’Eole
Car sa furie c’est sûr fera un cas d’école
De mémoir’e de Breton on n’avait jamais vu
Un tel « coup de torchon » un tel coup de massue !
Naej
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