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Propos d’un gribouilleur !
Un homme me dit :
« Tes mots me lassent et m’ennuient ! »
Le dit avec respect, là ou d’autres auraient fuis.
Je lui répondis :
« J’aimerai tant inventer un dictionnaire,
Avec d’autres mots, des mots pleins de mystères.
Mais comment dire que çà mouille pour parler de la pluie ?
Comment décrire un jardin s’il n’est pas extraordinaire ?
Comment aimer sans pleurer d’amertume,
Sans le crier au monde du haut d’une dune ?
Oui ! Comment ?
Ces mots et lettres ordinaires, déjà dessinés par nos pères,
En sentiments louables, maintenant désuets,
Il nous faut, nous, apprendre à les conjuguer.
A mettre en eux l’âme de nos émotions,
La beauté de nos sentiments les secrets de nos passions.
Il ne faut pas les transformer, non ! Mais les additionner,
Autrement !
Cet « autrement » doit être fidèle, dans le moindre délié,
A ce que nous avons de plus précieux : nous-mêmes !
Les dessins d’un « je t’aime » sont bien souvent semblables,
Sont ils, pour cela, coupables d’un plagia abominable ?
De Vinci nous fit un portrait de femme, il y a bien longtemps.
Depuis, nombre de peintres ont fait de même avec talent.
Peut on les traiter de copieurs, je ne pense pas !
Chacun a mis, au bout son pinceau, le sourire ou les yeux,
Qui avaient pris son cœur et y avaient mis le feu.
Mais aussi, la lumière d’un jour qui ne sera plus jamais le même !
Nous empruntons souvent les mêmes chemins et faisons les mêmes pas.
Mais nos empreintes sont différentes,
Parce que nos vies sont différentes !
Parce nos choix guident notre main vers ce juste équilibre,
Nous menant à nous-mêmes !
Et puis, il y a ce plaisir ! Ce plaisir souffrance parfois,
De mettre un mot derrière l’autre,
Au fil d’une promenade dans un bois,
Pour figer à jamais le regard d’une autre,
Comme un portrait que l’on peint en secret.
Et puis, il y a cette colère d’un monde Abysse,
D’un monde qui sait tout, mais n’apprend rien.
Dans les rimes, alors, des cris se glissent,
Pour hurler à l’injustice à la face de tous ces vauriens.
Je terminerai ce propos avec le sublime !
Ce moment magique, où l’on devine une lecture.
Où l’on sent des yeux se posaient sur ses mots.
On devine, alors, le regard allant de gauche à droite
A voix haute ou basse naviguant entre vos lignes maladroites.
Va-t-il aimé, en est il sure ?
A-t-il compris, est ce assez beau ?
Cette impatiente inquiétude, se levant toujours trop tôt,
Et toujours trop tard !
Cette insatisfaction de l’oubli d’un mot,
Peut être ?
D’un accent, sûrement !
De cette virgule ne trouvant pas sa place,
Mais qui s’accroche tenace,
Voulant être de la fête, là ou ailleurs !
Mais, on oublie, vite, cette petite peur,
Au premier commentaire d’un autre amateur.
De l’auteur au lecteur, chacun trouve en un texte, ce qu’il perçoit
En ressentis, en émotions.
Et c’est en cela, sa seule valeur !
C’est dans ce respect que l’écriture devient un lien
De tolérance et d’acceptation de l’autre !
Si cela est ! Je suis un gribouilleur heureux !
Vincent
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