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Pardonnez moi mes amis, de ne point me dorer
Aux même cieux que vous. Car ces cieux éventrés
D'un réalisme effrayant empêchent mon âme
Si simple de pensée, si douce de larmes.
Souvenez vous de l'alcool dans nos pauvres sangs
Ces soirs de lucioles et de libellules dans le vent
Quand la foule prenait nos corps pour y déchirer
Tout brin de peau, toute bénédicité.
Souvenez vous de cette ardente chaleur
Émanant de nos rires salés de bonheur
Dans ces bars où la nuit, nous dormions ensemble
Sous la lumière pâle des lampes qui tremblent.
Souvenez vous aussi de nos rêves puissant,
On voulait bâtir un nouveau monde bien plus charmant
La main dans la main, les bras dans les bras,
Entre frères soudains, pour un même combat.
Souvenez vous aussi bien de ces cigarettes
Qui éclatait, le soir, au profond de nos têtes
Lorsque la lune enfin venait nous bercer
Nous étions sur les routes, juste là, à danser.
Souvenez vous des guitares qui chantaient ensemble,
D'un accord parfait, qui venait répandre
Jusqu'à dans nos coeurs une douce mélodie
Qui fait que nous sommes si beaux aujourd'hui.
N'oubliez pas enfin toutes ces nuits sans aurores,
A pleurer un matin, fiers d'êtres morts,
Et lorsque venait enfin un pauvre soleil
Nous en étions encore à faire des étincelles.
Oh amis, je vous aime tous tant,
Les années puissent passer, cela est toujours autant
L'aurore viendra, sur nos plaines trop basses,
"Le plat pays" s'élèvera, sous un air de contrebasse.
Et quand tout tombera, sous nos pieds puissants
Alors le vent s'écroulera sous nos coeurs dansants,
Les rues s'animeront d'une intense lueur,
Nous serons tous ensemble, là est le bonheur.
Abs
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