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J’ai vu leurs chevaux
Et les hommes à pied,
Leur sueur sur le dos
De ce qu’ils rêvaient.
J’ai vu sur le haut
Des pierres posées,
Un monde nouveau
Une croix dressée.
J’ai toute ma tête
Depuis cinq cents ans
Mes racines se prêtent
Aux épines du vent.
Je n’ai rien à perdre
Silencieusement,
Je suis un cèdre
Et tout mon temps.
J’ai vu leurs Margots
Et les hommes dansaient,
Les femmes sur le dos
Etr’ce qu’elles rêvaient.
J’ai vu le plus beau
Des pierres taillées,
Des noces de châteaux
Une croix aimée.
Je les ai vu naître
Grandir et grimpant,
Mes branches se prêtent
Aux rires des enfants.
Jamais je ne cède
Impassiblement,
Je suis un cèdre
Et tout mon temps
J’ai vu les corbeaux
Et les hommes tomber,
Le fouet sur le dos
De ceux qui rêvaient.
J’ai vu les sanglots
Des pierres brisées,
Des fers aux poteaux
Et des croix plantées.
Je pousse à tue tête
Au pied de leurs chants,
Mes aiguillent se prêtent
A sécher le sang.
Leurs âmes me pénètrent
Douloureusement,
Je suis un cèdre
Et pour longtemps.
J’ai vu leurs chevaux
Et les hommes à pied
Me tourner le dos
A ce que je rêvais.
J’ai vu au repos
Les pierres jonchées,
La paix à nouveau
Une croix rouillée.
(…)
Jamais je ne cède
Impassiblement,
Je suis un cèdre
Et tout mon temps
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