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Les rails sont pour moi comme ces routes trop longues,
Dressées comme frontières, et comme draps de malheurs,
Ils n'ont que de charbon, pas une seule autre odeur,
Et touchent l'infini, quand les horizons fondent.
Les rails sont tout noirs, traînant par le passé,
Des armes et puis des bombes qui ornèrent trottoirs
De villes et de pays, d'illusions enfermées,
Quand aux hommes il ne restait plus un brin d'espoir.
Les rails mènent enfin aux rêves de tout homme,
Une évasion absurde en de lointains ailleurs,
Mais les rails nous font là, trop intensément peur,
Pour que nous nous osions, et que l'on abandonne.
Inaccessibles d'amour, armés par fureur,
Les rails sont innombrables et on ne peut toucher
Leurs rêves et leurs tristesse, bercés tous de sueur,
Quand même le soleil viendrait à se coucher.
Abs
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