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Dernier souffle
C’est curieux ma carcasse se traîne, triste effort
au soleil d’un vieux chêne presque mort
matins sans lendemains ,racines rompues
je suis là prostré dans les creux des feuillus
ce soir la solitude des passereaux, m’indiffère
le pinson dans ma vie, un jour s’en ira dans l’hiver
au bras d’une hirondelle, joli charme
mais mon baiser le bénira dans le reflet d’une larme
Ici, je me tapis dans les frondaisons trépassées
L’automne m’entraîne dans son recueil délavé
les faîtes vacillent ,comme des feuillets éperdus
Dans la transparence, la mésange bleue a disparu
je suis là, fragile écureuil dans sa toilette rousse
qui se gave de glands, de noisettes ,tout en douce
il me reste le vent éphémère ,d’un ciel parfumé
qui dans la brume fait frissonner les elfes enjoués
je vois les Araignées ,passagères de mon destin
qui viennent capter la rosée de mes matins
Ma vie s‘est suspendue ,dans cette nouvelle errance
au fil visible de mes pénibles souffrances
je creuse mon sépulcre, moi le vieillard
dans l’écorce de cet arbre ,plus de hasard
mon corps vermoulu, vous lègue son nom
alors je me rappelle les couleurs des papillons
mais déjà le polypore ,morsure qui me tue
oui toi le messager d’une triste fin ,attendue
j’expire dans la chênaie de mon dernier été
calmes nuits imagées, de souvenirs boisés
ici enfin, je me décompose ,
ici dans la bruine, je pourris
ici dans l’aurore, je me transpose
ici enfin je te nourris
à mes graines portées par le geai,
à mes litières digérées par les feux follets,
j’abreuve dans le matin, une flore embellie
les bras en croix, dernier crucifix
jo
(à nos derniers jours )
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