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Chien d’aveugle
Le voile qui descend sur mes yeux entrouverts
Apporte la souffrance, la nuit en permanence.
Des ombres folles dansent sur l’horizon couvert,
Un linceul épais, parsemé d’espérance.
J’étends alors ma main, je sens ta truffe chaude,
Ton souffle apaisé me calme, m’assagit
Et quand dans un élan mon esprit fait la pause
Les oiseaux sur les arbres chantent leur mélodie,
La rivière sauvage bouscule les rochers,
Les bruyères violettes caressent mes deux pieds
Des brassées de soleil je cueille sans arrêt,
Les souvenirs joyeux inondent le papier…
Des envies de marcher viennent parler tout bas,
Je me dresse gaillard, je me prends à rêver
Aux moindres mouvements tu précèdes mon pas
Evitant les cailloux qui me feraient tomber.
Jimmy, Médor, Snoopy que m’importe ton nom,
Tu partages ma route, effaces les épines
Quand je me cogne fort tu demandes pardon,
Je te sens malheureux et cela me chagrine.
Compagnon des jours tristes, ami le plus fidèle,
Je sais que mon plaisir fera ta joie aussi
Alors je pense à toi et parfois je te rêve,
Tous deux nous avançons vers le beau paradis…
Les fontaines chantonnent dans mon monde feutré,
La pluie vient frapper mes volets endormis,
Le genêt d’or éclate sous mon soleil glacé,
Mes doigts chantent toujours sur ton front mon ami…
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