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Loin des ombrages d'une lointaine et oublieuse Métropole
Dans un village encaissé, de la côte est de l'île principale
Juste à côté d'une tribu Kanak, bordant le verdoyant littoral
Quatre enfants, filles, jouaient dans la rue, devant l'école.
Deux couples de jeunes soeurs, s'entendant à merveille!
Gielle et Olane, mélanésiennes, de la tribu de Gélima
Brigitte et Armande, blanches ou miel, comme on nait là-bas.
Leurs cris de joie résonnaient sous les ardants rayons du soleil.
Blotties au fond de la vallée de la Négropa, si riche et belle
Entre insouciance et plaisir de vivre, comme font les enfants
Bien loin des murmures de grogne et des illusions de leurs parents
Elles ne pensent qu'à jouer, se baigner dans les eaux de la Crouen.
Mais voilà, nous étions dans la dernière de ces années soixante dix
A l'aube d'une inéxorable cassure, par chacun des bords, voulue!
La haine pour l'autre attisée, plus de dialogue ni de main tendue!
La sottise des parents, les enjeux et surtout le communautarisme.
Des politiques, peu inspirés, voulaient décoloniser en douceur!
Et la flamme allume la mèche qui fera de très grosses étincelles.
On comptera ses morts, loin d'une France qui s'est fait la belle.
Cinq générations de blancs, légitimant leur presence, et la terreur.
Quatre petites filles jouaient, mais leurs parents les en ont empêchées
La vanité des uns contre les revendications absurbes des autres!
Liberté, Egalité, peut-être, mais pas de Fraternité, quelle idée sotte!
Elles se sont revues, dernièrement, sans oser, l'une, l'autre, se saluer.
Fortes dans leurs convictions, mais aussi et surtout dans leur parole
Même si, parfois, de nouveau le coeur s'ouvre, l'oreille reste fermée.
Le terroir est très important, et sur le même sol TOUTES sont nées!
Le sol c'est la vie, quelque soit ton ethnie,tu me le prends,tu me voles.
Un village moins paisible, où l'on ne peut plus que croire qu'en soi-même
Canala, Nouvelle Calédonie.
Texte inspiré d'une histoire vraie.Patrick 04/2008
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