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DE MON ABRI…
A : Julienne Pinkiewicz
… De mon abri je fais un port
Où tous les bateaux peuvent accoster… !
Un grand port de plaisance
Et un port pour les voyageurs
Et je vois du seuil de la porte
De jeunes marins hisser les voiles
D’autres longer les différents quais
J’écoute la mer qui joue du piano
Les échos qui chevauchent les échos
L’écume se détache de la longue étreinte
Et qui vient se reposer sur le sable fin
Je suis le soleil dans sa montée
Confiant de retrouver son règne
Il continue souriant son chemin
Dans l’ouverture azurée de la page du ciel… !
Je contemple deux amoureux sur un banc
Ils sont là dans des confidences éternelles
Bras dessus, bras dessous, têtes jointes…
Je vois un homme solitaire
Il avance entre écume et sable fin
Il conquiert la mer, il plonge dans les flots
Il se lance dans l’aventure
Suivi des cris des mouettes
Il devient vague dans le vague
Et une main se tend de l’estuaire
Une autre se dérobe…
… De mon abri je me détourne
Des voix imperceptibles se confondent
Je ne perçois aucun langage
Les voix s’éloignent à tire-d’aile
Et le tout recouvre le silence habituel
D’une main habile et fébrile
J’éteins ma seule veilleuse
Ma plume rejoint la nuit de l’écrin
Mes yeux fatigués quittent la tête
Mon cœur esseulé se lamente
Quelque part on allume un feu
Quelque part on arrose les fleurs
… Je foudroie l’oreiller des rêves
J’attends l’autre crépuscule
J’attends un autre lever
J’entends des coups à la porte
J’ouvre difficilement les prunelles
Elle est là dans sa robe diaphane
Elle est là dans ses dentelles brodées
Vierge dans sa pureté nuptiale
C’est la naissance de… ce poème
© Kacem loubay
Mardi 13 Avril 2004
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