|
Tu me regardes
Parfois tu me regardes
Et c’est à peine si j’existe
Parce qu’à toucher tes seins
Ma main tremble à n’en pouvoir plus
Parce qu’à la focale de mes yeux
Ton visage est d’onyx et de marbre
La statue qu’en lui l’artiste guettait
Je te regarde
Parfois je te regarde
Et c’est à peine si tu es
La lente empreinte du printemps de nous aimer
Je veux crier ton nom
Yaël
Je veux crier ton nom
Comme on pleure dans le noir
En désarticulant sa vie sans même
L’ombre ou bien le geste
Comme on savoure du soleil allongé sur la plage
Comme on boit de l’automne à genoux dans le soir
Comme on mange du vent
Je veux crier ton nom
D’un outremer à peine bleu
Posé sur le sable du temps
Et puis les mauves amas de l’eau
Dodelinant dessus tes seins
Je veux crier ton nom
Comme au cœur du concerto
La voix claire du piano
Fait taire le tumulte des cuivres
Pour qu’enfin tu deviennes
A en croire tes yeux
La farouche œuvre d’art
Que dessinent tes hanches
Sous le nylon du ciel
Ou le lycra du coeur
Je veux crier ton nom
3 mai 08
|