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Histoire de carottes
Qu’il est triste d’être une carotte
A l’heure où les yeux du bouillon flottent
Quand, dans ce potager, avec mes potes,
Je rêvassais au jardinier, à ce qu’il rempote,
Ecoutant ici et là les oiseaux qui sifflotent.
Mais les saisons courent et bientôt grelottent
Avec leur cortège de bruit de bottes
Et sur le clocher inlassable l’aiguille trotte,
Midi sonne ! de l’église sortent les bigotes
A peine rassasiées de pratiques dévotes,
A l’abri d’un ciel bleu qui radote,
Sous leurs chapeaux aux couleurs rigolotes.
Mais déjà les mains se frottent,
Hélas, je me suis fait belle comme une sotte,
Une certaine noblesse, un peu chochotte,
Pour nous les carottes c’est une marotte,
On n’aime pas quand on est pâlottes.
Oui, s’en est fini, voilà que les estomacs gigotent
Aux clapotis des casseroles qui mijotent,
Au son des couteaux qui s’aiguisent et se frottent.
Il vont me couper, me moudre, me réduire en pelote
Et de leurs bouches, qui sournoisement rotent,
Comme un écho profond sortant d’une grotte,
En baissant furtivement leur culotte,
Je me dis que tout ça finira aux chiottes.
Pardon d’avoir écrit des bêtises
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