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A toi, Femme de l'ombre,
A l'ombre de ton cœur
Je plante mes heures
Dans l'ombre de tes bras
Je reviens pas à pas.
A l'ombre de ta voix
Je frissonne d'émoi
A tes larmes je bois
Depuis deux ans déjà.
A l'ombre de ton corps
Je conjure le sort
M'imaginant amante
De ces mains qui me hantent.
A l'ombre de tes jours
Poussée au vent d'amour
Je cueille en ma mémoire
La fleur de tes regards.
Sur la rive d'en face
Quand le chagrin me glace
Brûlent des vers si tendres
Nés du feu de nos cendres.
Le destin sait enfin
L'incendie des destins
Croisés, qui en vain, s'aiment
Dans un cruel dilemme.
Et cessant ses attaques
Nous enlace tous deux
Quelle étreinte fantasque
Au lourd relent d'adieu.
A l'ombre de ta vie
Jean qui pleure, Jean qui rit
Pluie d'amour se nourrit
Des frissons de tes nuits.
Tout au bout de l'aurore
Quand les rêves sont morts
L'ombre devient lumière
Son éclat salutaire,
Dans une flambée de joie
De t'aimer, d'être là,
De n'être rien pour toi
D'être tout à la fois.
Laissons l'avenir ivre
Pourvu qu'il nous enivre
De la mousse d'été
A l'hiver embrumé.

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