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Dis, le temps, qu’as tu fait de mes genoux écorchés,
De mes joues pâles qu’un vent doux avait rougies,
De mes jeux innocents, aux heures pressées,
Que m’as tu fait, que m’as tu promis.
Tu frappes en ma poitrine, oh ! sanglot étouffé,
Remontant en ma gorge, pays de mes blessures,
Celles dont je n’ai pu seulement oublier
L’âpreté, en mon cœur, comme une usure.
Tu te caches derrière la mort, ton alliée,
Comme un chef d’orchestre, sous le final,
Sondant de ses bras écartés
Nos pauvres âmes, d’un geste banal.
Qu’as tu osé me prendre, avant de tuer,
A cette table où nous étions sept,
Où de ces moment fourbus et fanés
Je n’ai plus jamais vu de fête.
La mort n’est qu’un sommeil sans rêve,
Alors elle devient inaccessible à tout être,
Le temps, son allié, en est le glaive,
Lui seul blesse, passant sous nos fenêtres.
Les morts sont égoïstes car bien trop silencieux,
En ma mémoire, ils se glissent sans le vouloir,
Ils se figent en mes songes douloureux
venus d’étranges reposoirs.
Qu’as tu pour me frapper aussi fort,
Qu’as tu laissé sur mes joues, au goût de sel,
Cette empreinte qui va de port en port
Qui ne sait où aller, ni vers quel ciel.
Les morts ne voient rien de leur gouffre,
Mes entrailles hurlent ce qui reste d’un enfant,
Mes poumons me brûlent et s’essoufflent
Au temps qui va hurlant.
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