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Le lac, livrant, laconiquement,
Les limons à leur liberté,
Pendant ce temps se lamentait :
« Je ne suis pas assez grand,
Ils ne pourront pas s’épanouir,
Ces petits limons jetés sur ma jetée
Où pourrait-il aller se ressourcer,
Avec si peu de faune pour les bâtir !
Ah si seulement il pouvait pleuvoir !
Si ça arrivait, je me remplirais tant,
Et ainsi je deviendrais si grand,
Que ce serait une toute autre histoire ! »
Le Lac se lamentait ainsi sur ses limons,
Il le fit tant et si bien que de tristesse,
Du ciel se mit à pleuvoir une averse,
Si terrible que les lacs se mirent à l’unisson :
Pour ne former qu’une mer si grande,
Qu’elle recouvrit l’immensité de la Terre,
Le Lac entama alors sa seconde prière :
« Faites que tout ne soit pas qu’eau grande,
Et que je puisse à nouveau sur la jetée,
Tous mes limons pouvoir jeter ! »
Rien ne sert de se lamenter !
Le tout étant de savoir gérer,
Ses frontières, ses limites,
Mieux vaut parfois vivre en ermite,
Que dans l’immensité !
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