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J’ai posé mon ancre, en ces nuits creuses,
Quand mes songes se défont sur des images,
Dans cet espace de ma solitude heureuse
Calmant les craintes d’un bonheur, tournant les pages,
Et d’une étrange déraison, folie hâtive,
Cherchant, aveugle, de vagues et rares parfums
Qui, derrière quelques images craintives,
S’évanouissent au temps devenu incertain.
J’ai construit ces murailles, aux gestes profonds,
Bien plus loin qu’un univers sidéral
Atteignant d’improbables plafonds
Dans sa course silencieuse mais infernale,
Et dans ce repos doux et patient,
D’un souffle discret et imperceptible
Semblant fixer sans hâte le temps,
Mon esprit s’enrichit de sa cible.
J’oublie le jour qui vient, silencieux
Comme un criminel tuant le temps,
Ces heures claires, ces matins hasardeux
S’agitant dans ces brouillards somnolents,
Mais la nuit, hélas, s’essouffle et pâlit,
Etreinte éphémère au pas lent
Projetant ces aurores toutes rajeunies,
Vidant sans peine mon corps de son sang.
Ainsi, elle me laissera ce regret infini
Dans cette blessure jamais apaisée,
Dans cet envers au lancinant cri
Où mes songes se noient, épuisés.
Demain, ma bien aimée, demain
Viendra cette clarté insolente
Emportant mes entrailles, sans lendemain,
Sur les vagues du temps qui vont, hurlantes.
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