Ce n’est rien On dit que ce n’est rien
Gifler du revers de la main le flot qui roule et meurt
Sentir la terre crier lorsque la pluie crépite
Voir un banc de nuages dans l’océan du ciel
Et s’endormir à demi dans l’odeur de l’aimée
Vaciller de tendresse en bordant son enfant
Pleurer sur un solo de Chet à la trompette
Grignoter du pain frais rougi de confiture
Raconter son enfance à l’ami qui sourit
Avoir chaud de la main qui vous a caressé
Amidonner son corps dans un grand bain de mousse
Et pleurer comme on prie du bonheur d’être aimé
Ce n’est rien Bien sûr que ce n’est rien
Que voudrait-on que fût
Le chant du rouge-gorge ou le trot de l’antilope
Vivre c’est du sang
Des chairs
Et des rires d’enfant