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("Protégez-nous mais ne nous touchez pas" : A. de Vigny – Stello)
Nous brûlons de ce feu qui consume les chaînes
Et les âmes aussi, si nous ne croyions pas
A ce sang bien plus chaud qui coule dans nos veines
Et à ce grand pays qui nous attend là-bas.
Regardez-nous, curieux, avec respect ou crainte
Et, si vous nous aimez, ne nous retenez pas.
Nous mourons étouffés, brisés par vos étreintes
Et nous agonisons lentement dans vos bras.
Respectez-nous, puissants, nous qui n’avons pas d’armes.
Si vous nous redoutez, ne nous enfermez pas.
A vos torrents de sang, nous mêlerons nos larmes ;
Méprisez-vous, tyrans, mais ne nous touchez pas.
Nous avons dans les yeux ce cri muet et grave
Qui maudit à jamais qui le prononcera.
Que se taisent les sots et parlent ceux qui savent
Mais nos lèvres scellées ne le trahiront pas.
Lorsque la nuit viendra, nous ferons nos bagages
Et au soleil levant, nous ne serons plus là.
Nous n’avons rien promis, nous étions de passage...
Protégez-nous, amis, mais ne nous touchez pas.
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