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Le temps pressé, qui va, me prendra tout,
Fauchant le trop plein de vie.
Mes lassitudes seront elles au rendez vous,
Ce que j’aurai pris m’aura t’il suffit.
Faut il tant de temps, de chagrin aux hommes,
Pour que s’efface en lui le regret d’un jour partir,
Enfouir le monde, tout ce qu’il nous donne,
En ce long silence qui n’en finit pas de grandir,
Remplir son corps, son esprit, jusqu'à ne plus vouloir
Ces choses de la vie mille fois renouvelées,
Ces matin brumeux flirtant avec nos miroirs
Et ces secondes moribondes qui viennent nous tuer.
Faut il vieillir à ce point pour vouloir en finir,
S’abreuver d’un jour amer, mais radieux,
Quand tout doucement elle semble venir
Et que là haut s’impatientent les cieux.
Quand bien même il me viendrait à vieillir
Plus qu’il ne le faut, avec au dedans
Ce mystère jamais élucidé qui lentement s’étire
Sur ma mémoire, songe permanent,
Je ne craindrai de voir cette lune qui s’attarde
Derrière de sombres nuages venus de nulle part,
Alors, de la mort, encore soupçon, qui vient et musarde,
Je n’aurai plus peur et chercherai son regard.
http://www.youtube.com/watch?v=aiXcUTTLud4#
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