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Il ne faut croire rien de beau ni d’agréable
Et ton cœur dans la nuit bat d’un bruit si léger...
Apprends, si tu le veux, par cœur toutes les fables :
Tu les raconteras quand tu seras âgé.
Quand la sagesse aussi pèse sur tes épaules
Du poids de mille morts cent fois renouvelées
Et que tu dois jouer le plus mauvais des rôles
Ou voir les autres fuir où tu ne peux aller...
Tu ne peux pas parler sans user de mensonges
-Et dirais-tu le vrai, ils ne te croiraient pas-
Tu ne peux évoquer ce cancer qui te ronge
Ou décrire ce qui, pour eux, n’existe pas.
Quand même le plus beau des plus beaux des étés
A pour ton regard seul la couleur de la tombe
Et pour garder vivant tout ce qui a été
Tu dois soutenir seul le passé qui succombe...
Il ne faut aimer rien de beau ni d’agréable
De peur de ne jamais supporter son déclin.
Tu t’acharnes, au cœur des tempêtes de sable,
A rechercher les feux dont les contes sont pleins.
Les vents n’altèrent pas la montagne immobile,
La nuit n’empêche pas la course du soleil.
Ton corps est pour ton âme un rempart bien fragile
Et l’ennemi est là, qui guette ton sommeil.
Vois : la sagesse aussi pèse du poids des pierres
Et tu voudrais poser ton fardeau alourdi.
En transparence, vois la nuit sur tes paupières,
Sois heureux d’avoir su plus que tu n’en as dit.
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