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SI CHAUVET M'ÉTAIT CONTÉ
Pas de place des grands hommes autour de Guy Chauvet,
Faudra-t-il qu'on se nomme avant de retrouver
Dans le regard de l'autre une étincelle enfouie
Quelque part dans le notre avant que l'on n'oublie.
Les souvenirs s'estompent, trente-huit ans ont passé,
Pour ceux qui ne sont plus on garde une pensée,
L'heure est aux retrouvailles, que sont-ils devenus,
Famille, amis, travail, qu'il est loin l'ingénu
Que le temps doucement, inexorablement
A rattrapé sans bruit, on ne sait pas vraiment
Si les rêves d'alors se sont réalisés,
Ou si c'est mieux encor dans nos réalités.
Et si Chauvet m'était conté,
Il raconterait les folies
Et les fous rires partagés
De l'adolescence évanouie.
Aussi vrai que les ans ont pu nous transformer
C'est tout à l'opposé que notre vieux lycée
S'est paré d'un éclat qu'on ne connaissait pas,
Force est de convenir qu'il a pris nos appas.
Les souvenirs reviennent et les enfants d'alors
Ont cette sensation de revenir au port
Où ils avaient jeté l'encre de leurs seize ans
Réveillés tout à coup au milieu du présent.
Les murs de Guy Chauvet ont gardé les secrets
De ces générations qui nous ont succédés,
Et si le temps s'enfuit trop vite désormais,
Il n'a pas mis de ride à notre Loudunais.
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