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Pourquoi j’écris à contre temps,
Sous le regard intime d’un ailleurs,
Aux saisons effilochées se renouvelant
D’un sourire effacé, d’une fleur.
Ces mots, blottis les uns aux autres,
Comme flocons de neige sur le sol
Ranimant l’enfance qui n’est plus nôtre,
Miroir brisé aux éclats qui se désolent.
Mon âme plonge en cette encre bleue
Comme un nageur cherchant une berge,
En ne voyant dans ces ciels paresseux
Aucun signe, juste le temps qui s’abrège.
A chaque vers posé, la mort je sonde,
Peignant les choses au regard muet,
La nature enivrante et si féconde,
Aux traits ravis, inventant mes regrets.
Pourquoi j’écris, vidant les bagages
De ma mémoire sur les remparts abîmés
Qui me donnèrent le jour, ses ombrages,
Sur le sein d’une pâle maternité.
De ces vers habillés de solitude
Aux rivages infortunés et mouvants,
Quand mes nuits se livrent aux certitudes
D’un dernier soleil couchant,
Alors, pensif, j’ouvre grand mes yeux
Eclaboussés de noirceur infinie
Vers ces endroits tout joyeux
Que ma plume parfois rajeunit.
De cet hier, de cet aujourd’hui,
De ces vers se brisera ma plume,
Et cette ivresse nommée mélancolie
Me cherchera, indolente, dans les brumes.
http://www.youtube.com/watch?v=6jN-Uu0ir_A#
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