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TESTAMENT
A mes meilleurs ennemis, à vous mes pires amis,
Quand il ne restera que des cendres de moi,
Demain, après demain, qu'importe, le jour viendra,
Où je renoncerai à refuser la nuit,
Ce jour là s'il vous plait, n'ayez pas de regrets,
Vous n'en avez pas eu lorsque j'étais ici,
A transformer sans bruit l'ami en ennemi,
Et troubler de ma vie les plus belles années.
A tous ces passagers dans un coin relégués,
Tous ceux qui pour un jour, une heure, auront compté
J'ai au fond d'un tiroir, couchée sur un cahier,
Ma vie en filigrane, ma vie en résumé,
Peuplée de vous, mes muses, remplie de fol amour,
Petit oiseau fragile dans un nid de vautour,
Cherchant sans la trouver la porte de secours,
Pour un malentendu qui m'aurait fait la cour.
A tous ces vétillards que je n'ai pas suivis,
Mais qui auront laissé un pavé dans ma vie,
Pour construire l'édifice du plus grand monument
Qu'il fut donné de voir depuis la nuit des temps,
Je laisse en héritage un mot, peut-être deux,
Qu'ils pourront méditer quand ils seront très vieux,
Un clin d'œil, un sourire, juste pour rappeler,
Que même si c'était mal, je les ai bien aimés.
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